Le soutien communautaire d’intensité variable

Objectifs:

  • Aider et soutenir les personnes dans la résolution des problèmes de leur vie quotidienne
  • Soutenir et accompagner les personnes dans leur processus de rétablissement
  • Accompagner un processus d’intégration à la vie citoyenne et contribuer à améliorer les conditions de vie des personnes utilisatrices

L’approche axée sur les forces

L’approche axée sur les forces va de pair avec le rétablissement. Et si l’expertise du rétablissement revient à ceux qui le vivent, l’accompagnement revient à ceux qui les entourent.

Le modèle de soutien communautaire axé sur les forces des individus est le modèle choisi par la Filière cantonale de psychiatrie adulte. Basée sur des données probantes cette approche est utilisée aujourd’hui dans plus de 40 états américains et dans plusieurs autres pays. Mis au point par Charles Rapp et Rick Gosha de l’Université du Kansas, aux États-Unis, cette approche a d’abord été utilisé avec des personnes ayant des troubles mentaux graves, avant que ce modèle ne soit aussi adapté à d’autres populations, dont les personnes âgées et les enfants. Il a été développé et systématisé dans les années 1980 par Charles A. Rapp et d’autres collègues de l’Université du Kansas.

Depuis 2017, les équipes du Rôtillon sont formées au Rétablissement et ont intégré dans leur pratique l’approche axée sur les forces des individus. Cette approche constitue un solide vecteur de rétablissement des personnes utilisatrices et que même le Centre d’excellence en santé mentale du Québec en recommande chaudement l’exercice, peu ou pas d’établissements ou d’organismes communautaires ont effectué le virage. Patricia Bougie, coordonnatrice à Pech, a, depuis trois ans, et parfois à son corps défendant, donné la seule formation «opérationnelle» du modèle des forces des individus «Kansas approved» à des dizaines d’équipes SIV des réseaux communautaire et public. La résistance au changement est forte, certaines équipes allant jusqu’à dire que cette pratique ne s’applique pas à leur réalité, exemple pour le moins préoccupant de services qui ne sont imputables qu’à eux-mêmes plutôt qu’aux besoins des personnes utilisatrices.

L’approche axée sur les forces aborde 7 domaines essentiels:

  • Situation de vie quotidienne: aide à la résolution de problèmes du quotidien, accompagnement à la réalisation de démarches administratives, de médiation avec un propriétaire, comment trouver des alternatives à la judiciarisation lors d’amendes d’ordre non payées, etc.
  • Gestion des finances: aide au budget, curatelle, etc.
  • Activité professionnelle et éducation: remettre le pied à l’étrier, intégration socioprofessionnelle, retour aux études, etc.
  • Réseau social: comment se faire des amis, ou s’en protéger lorsqu’ils deviennent trop envahissants, exercer ses droits et devoirs de citoyens, participer à la vie citoyenne, trouver des parcours d’émancipation, etc.
  • Santé: comment me mettre en condition, accompagnement chez le médecin, améliorer le mieux-être et la qualité de vie, etc.
  • Loisirs: revivre des activités ludiques, briser l’isolement, médiation culturelle, etc.
  • Sexualité/spiritualité/intimité: discussion et mise en action en lien avec ces thèmes, etc.

L’approche axée sur les forces repose sur 6 principes:

  • Le soutien est centré sur les forces, les intérêts de l’individu plutôt que sur le diagnostic en rejoignant la personne utilisatrice là où elle se trouve
  • Tout individu possède la capacité inhérente d’apprendre, de grandir et de changer, raison pour laquelle il est important d’accorder du temps à la création et au maintien du lien
  • La personne utilisatrice est le maître d’œuvre de la relation d’aide, c’est pourquoi nous l’encourageons à se responsabiliser face à ses comportements constructifs et problématiques
  • La relation personne utilisatrice / intervenant devient un facteur essentiel du processus de soutien
  • Le mode d’intervention privilégié est l’accompagnement des personnes utilisatrices dans des contextes de la vie en société en contribuant à faire émerger les capacités favorables à l’engagement dans le processus de rétablissement
  • La communauté représente une oasis de collaborateurs potentiels au processus